Mr André 80ans rencontre service de soin de suite des urgences.
Mr André, il aimait bien parler et ca tombe bien moi j'aime bien écouter et puis j'avais le temps le luxe de pouvoir passer une heure avec lui ou plus; et il était assez seul , surtout au début en chambre simple.
Il m'a raconté pas mal de petits bouts de sa vie, et de son mal être finalement, il jouait du saxophone mais n'avait plus jamais jouer , depuis le décès d'un de ses fils cancer du poumon assez rapide.
Sa femme était morte un an plutôt brutalement d'un , AVC massif, ils regardaient toutes les deux la télé , quand c'est arrivé, elle pouvait plus parlé bougeait plus, plus de la moitié du corps paralysé, d'un coup qu'il m'a dit . Finalement, si il devait partir il voudrait que ce soit comme ca aussi , il emmerderait personne.
Depuis son décès il ne peut plus rester seul chez eux , dans cet appartement dans une campagne qu'il aime,avec ses amis au bistro du coin , cet appartement pour le quel il a travaillé longtemps comme ouvrier , pour le quel ils ont tout quitter. Pour leur retraitre...
Mais tout seul la bas , il est trop dépendant pour les courses ou des petites choses du quotidiens avec sa cataracte ou DMLA je sais plus, il ne voit plus grand chose. Et le fils agé d'une soixantaine d'année ne peut pas venir souvent le voir , il a ses propres problèmes a gérer.
Alors depuis quelques mois , il est remonté en région parisienne et vit chez son fils, sauf qu'il sent bien qu'il les gêne , il ne peut pas sortir tout seul, ne peut plus conduire, il écoute beaucoup la télé, n'a pas d'ami et voudrait retourner a la campagne.
Il est seul isolé coupé du monde et des autres , encore plus dans cette chambre ou la famille n'a pas pris la peine de prendre la télé, il n'y voit rien et ils n'ont pas voulut lui donner ses prothèses auditives de peur qu'on lui les volent . ( vs comprenez vu le prix, c'est sur c'est plus utile dans la boite ...)Il n'a que ses souvenirs et ses craintes aux quelles réfléchir finalement.
Dans le service, Mr André est au début dépressif et pas très bien sur le plan respiratoire ce qui limite le dialogue, puis on a du le changer de chambre, pour des raisons isolement de patient, on fait un roulement de lit, lui en chambre double et le patient infectieux en chambre simple.
Peu a peu Mr André, s'éclaire, sourit ,commence a parler d'autre chose que de son avenir et de la mort, en plus de bien évoluer sur le plan clinique, il a trouvé un voisin avec qui parler, on les entends jacasser de notre bureau. Ils parlent tellement fort pour se comprendre qu'ils font profiter tout le service.
Le temps passe la période de noël arrive, et Mr André est surdosé en anticoagulant bien comme il faut, hématome du psoas très important, embolisation petit séjour en réanimation pour la surveillance .
Il en revient excessivement fatigué, amaigri, dénutri et amyotrophique. la réa on en ressort traumatisé.
Il en marre , il veut qu'on le laisse tranquille, il ne veut plus être une charge pour son fils, il préférait être dans sa campagne loin , il avait même regarder la maison de retraite de sa ville de campagne , il pourrait y aller il arrêterait de déranger tout le monde. mais il ne veut pas déranger son fils non plus; il voudrait mourir vite comme Madeleine et arrêter d’embêter tout le monde comme ca. Le sourire est perdu a nouveau, et il s'énerve parfois de nos venues intempestives, il voudrait qu'on laisse tranquille maintenant qu'il puisse mourir.
Nous parlons beaucoup, discussion avec les chefs, discussion avec la famille certainement l'après midi.
Sur le plan médical les choses s'arrangent, et des démarches administratives sont engagées, l'appartement est vendu et une place est trouver dans la maison de retraite de la villle de campagne , Mr André sera transferé la bas.
C'est banal , mais j'espère sincèrement qu'il a pu reprendre une vie sociale, retrouver les personnes qu'ils avaient laissé surplace.
Qu'il ne fut pas mis dans un mouroir.
Cette histoire remonte maintenant a plus de 2 ans et pourtant, il fait partie de ces patients indélébiles ( je me souviens presque de tout je ne sais même pas comment, moi qui perd tout) .
C'est peut être une des premières fois ou j'avais vu tous les éléments s'imbriquer et le personnel soignant réussir a répondre a la plainte du patient, pas tant somatique que global , pour une fois le "mieux vivre" utopique de la définition de santé, était abordé.
C'est aussi la bas que j'ai compris comment un dentier perdu pouvait être la cause d'une décompensation de maladie chronique.
Cette globalité, , pas l'urgence vitale, pas maintenir une fonction rénale, ou une pression artérielle moyenne, ou gérer un choc septique.
La médecine générale c'est l'évidence, qui me saute aux yeux en pensant a tout ca. Y'a pas a douter c'est cette médecine qui m’intéresse , qui me donne envie de m'investir et d'apprendre toujours plus ensemble avec les gens.
Je retrouve mon but, l'envie de faire la médecine que je veux.
Plus que 2 semaines de stage a tenir, j'en peux vraiment plus... je compte les jours avant la fin. C'est bien ce stage m'a permis de comprendre ce que je ne veux pas. En dehors de toutes les nouvelles connaissances et expériences engrangées, ce Praticien (le terme prend tout son sens pour lui) me manquera ca manière simple, clair et pragmatique d'expliquer des choses compliquées et nébuleuses.
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