Stage de gynéco premiere garde :
Il est 18h ,je suis un peu stressée , j'ai passé l'après midi a réviser de la gyncéo au lieu de réviser pour mes partiels mais bon c'est pas grave , je me sens nulle en gyncéo, j'aime pas l'obstétrique et j'ai du mal a examiner les femmes , les poses de spéculum laborieuses, parfois douloureuse, je n'aime pas ma phrase type qui me semble tellement débile mais que je dis quand meme "essayez de vous détendre, je sais c'est pas évident , respirez calmement, je vais y aller doucement, voila inspirez maintenant je vais ouvrir" (moi même jamais réussi a être super méga détendue pendant qu'on m'examinait) mais j'ai rien trouver de mieux a dire.
Après commence le moment ou je tente de réorienté e a la lumière en face et puis a bien faire apparaitre le col parfois j'y arrive pas, ( et l'interne reprendre la main)
Puis le TV ou je dis , "je vais faire le toucher vaginal maintenant" ( et je me suis rendu compte que je demande pas du coup si je peux ou pas en écrivant ca ici) mais au début avant de passer a l'examen je leur dis mais je demande pas non plus, je crois, "on va faire l'examen gynéco au speculum puis tv , enlevez tout le bas s'il vous plais et allongez vous sur la table pendant que je finis d'écrire."
Puis il y a la technique, l'interne qui te dis de toujours prendre le plus grand speculum pour mieux voir, et celle qui te dis prend toujours le plus petit , ceux qui te disent non ne met pas de gel si on doit faire des prélèvements ca va fausser, mais que de l'eau a chaque fois, celle qui te dis mais c'est un gel a base d'eau ca fausse rien du tout mais parfois tu vois plus bien avec.
Bref j'ai fini par choisir le grand speculum chez une femme multipare, et le plus petit chez les nullipares, et en fonction du contexte je mets ou pas du gel et toujours de l'eau...
Cette premiere garde, j'étais au summun du contre transfert et dans ma tete pendant toute le nuit il y avait la "phrase, putain je sais rien, je suis trop nulle, je sais rien faire" (ce qui était vraie je n'avais encore aucune vraie expérience dans ce service et je sais aussi que quand je suis stressée je fais facilement des oublis, des petites gaffes et plus j'essaye de pas en faire et plus j'en fais et plus je stresse, cercle vicieux, finalement il faut pas que j'y pense et tout se passe bien.
Et je ne connaissais pas le service non plus, ou sont rangés, les tubes en plus, ou sont les feuilles d'arrêt de travail les ordonnances, ou est le tampon, la photocopieuse, même amener un examen en direct au labo il fallait quelqu'un m'explique le chemin
Je déteste ca, surtout quand vos derniers souvenir de garde, vous pouviez prendre un patient simple en charge de A a Z bien sur sous contrôle de votre chef, que vous saviez qui appeler, lancer les radios avant que le chef voit le patient , faire le plâtre, les sutures, avec le chef , faire les prescriptions toute seule avec vérification et signature du chef donner les conseils habituels , bref je gérer tranquillou et je voyais avec le chef ou connaissant pas mal les internes d'ortho , je passais des bon moments avec eux et mon regard de chien battu qui a 5h30 du mat' a peur de réveiller le chef, pour faire l'attelle alors que l'interne d'ortho sympa est encore debout et fini par capituler et la faire avec vous ainsi que dicter ses prescriptions avant d'aller se coucher, parce vous vous entendiez bien, et qu'au point ou elle en 20 min de plus ou de moins ne change pas grand chose poissarde comme elle est , on va bien la réveiller a 6h pour un patient.
Bref passer de ca, ah je connais rien, une interne qui sur d'elle, vous montre les trucs vite fais, mais surtout veux se débarrasser le plus rapidement des urgences gynéco alors ,elle va vite, et elle fait ce pourquoi elle est formée et moi j'ai peur de faire, dire une bêtise, de poser la moindre question et de faire perdre du temps. Alors j'observe beaucoup et j'essaie d'anticiper les gestes , mais c'est pas évident, je me sens nulle.
Je me sens nulle devant la jeune fille de 18 ans qui vient des urgences générale qui avait mal au bide et qui découvre une grossesse , qui est un peu tétanisée , qui n'a jamais eu d'examen gynéco a qui on annonce qu'on ne voit rien a l'écho mais qu'il faut revenir tous les 2 jours pour faire une écho et un prélèvement sanguin jusqu'à ce qu'on localise la grossesse in utero ou bien extra uterin et a partir de ce moment la , elle pourra aller au planning pour prévoir l'ivg ou bien on prendra en charge la geu , en attendant, elle stressera et revient tous les deux jours.
Je sais que cette première garde, j' ai été de maladresse en maladresse avec les patientes et aussi parce qu'au de la de tout ca , la maternité, est quelque chose qui me met moi personnellement malaise.
J'ai du mal a me dire qu'avec toute mon inexpérience,elle nous confie , elle viennent vers nous la plus part pour être ré-assurer, pour savoir ce qui se passe, douleur ou saignement, il y a toujours une charge d'angoisse et d'émotion encore plus importante dans ces situations une incertitude, un doute qui les ronge.
J'ai du leur laisser un très mauvais souvenir , une mauvaise impression ,d'être un peu conne, un peu mal a l'aise et mal a droite , trop détachée je sais pas.
Contrairement au garde de traumato ou c'est un accident, et souvent bête( sport, chute, violence) et c'est facile de réassurrer, de parler pour moi la dessus, accident oubli inattention je connais bien . De trouver le truc qui cloche et de le régler
Puis au bout de quelques gardes, on comprend que ce qui compte c'est pas de savoir tout faire, tout gérer, c'est d'être là , d'être une oreille , d'expliquer ce qui se passe ou qu'on ne sait pas ce qui se passe aussi pour le moment, et de réassurrer avec des mots simples.
C'est réussir non pas avoir quelque chose a l' écho , mais bien plus a réussir a rassurer cette femme qui arrive avec tout ce stress une tension méga élevé, des larmes au bords des yeux, parce qu'elle a mal, parce qu'elle a l'impression de plus le sentir et ca depuis hier depuis son engueulade avec sa sœur.
Elles s'étaient jamais prise le bec comme ca avant.
Alors on écoute on rassure comme on peut, elle a peur d'une nouvelle fausse couche a cause de la dispute, on explique la fausse couche précoce c'est pas une punition, c'est pas héréditaire, c'est pas de votre faute, au contraire c'est le corps qui est plutôt bien fait, et c'est souvent parce qu'il y a une grosse anomalie génétique le foetus ne serait pas viable, que le corps met fin a la grossesse.
On sèche les larmes, on appelle l'interne, pour faire l'examen en ca présence , puis elle fait l'écho , le bébé , le ptit coeur du bébé , les mouvements du bébé.
Une ordonnance de paracétamol spafon et magnésium pour les douleurs ligamentaire et du repos, bébé va bien ,maman respire plus calmement même si toutes ces problèmes ne sont pas réglée.
(et l'externe dans sa blouse trop grande , qui a fait des tours a la taille du pantalon et dont les ourlets , on fini par retomber, ce sent elle aussi plus rassurer dans son rôle de soignant et commence a apprécier son stage)
Autre consultations autres patientes, j'ai eu le sentiment d'avoir bien fait, pourtant j'étais pas plus apte en terme technique ,mais j'étais plus a l'aise,moins stressée , donc plus empathique aussi , je bloquais pas toutes les émotions puis une autre interne plus calme plus empathique avec les patientes , qui me laissaient tranquille pour l'interrogatoire (oui je suis lente , oui je prends beaucoup de temps avec les patients , je guide parfois pas assez l'interrogatoire, je demande trop de chose qui sont pas importante dans le contexte dès fois) mais on sait jamais en grattant un peu on trouve des trucs qui ont leur importance et qui sont jamais spontanée de la part des patients.
Je n'ai pas la passion pour l'obstétrique parce que , trop de charge émotionnelle de vie , de mort , d'incertitude, pas assez de pathologie, pas de petite bête a chercher, on attend on regarde, prévoit, on prévient, on ajuste, on surveille jusqu'au dernier moment moi ce que j'aime c'est chercher ce qui cloche pour un patient pris dans ca globalité, essayer de le traiter avec tout notre arsenal thérapeutique médicamenteux et non médicamenteux en fonction de la petite bete mais surtout en fonction du patient, traiter avec lui ,avec l'aide du patient.
( et qui c'est la folle qui qui rédige cet article 2h avant son premier partiel par ce qu'elle arrive plus a rien, premier partiel de Douleur ironie , oui la douleur est une super matière a par entière )
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