Il y a peu je disais que j'aimais mes études, et c'est vrai . Je n'en changerais pas , même si je remontais avec les connaissances que j'ai sur tout ce que ca va être et risque d'être, je le referais, je me battrais pour les débuter, je me battrais pour l'ECN et pour la suite.
J'ai aussi sous entendu , que j'ai finis par comprendre qu'il fallait refuser d'en faire un sacerdoce , je me le refuse toujours, c'est un métier a vocation certes mais nous avons tous besoin d'une vie a côté,d'être un minimum épanoui et bien dans nos baskets pour être bon.
Un petit coup de râle bol, de la méconnaissance de nos études, ou du travail , des médias qui véhiculent une image de médecin privilégier avec des études tous frais payé par le contribuable, qui veut juste gagné plus d'argent.
Merde , arrêtez de croire que les fictions qu'on vous sert a la télé sont la réalité, ou que l'on est encore au Moyen Age . Ca n'a rien avoir avec Urgences ou Grey's Anatomy .
Bien sur qu'il y a eut des abus avec les dépassements d'honoraire mais c'est une minorité de 200 médecins sur je ne sais pas combien même pas 1% des médecins, il y a des profiteurs partout mais ce n'est qu'une exception . Les dépassements d'honoraires n'ont pas pour but que le médecin s'en foute plein les poches mais tout simplement de payer ses charges et faire de la médecine de qualité, ce qui n'est pas possible pour beaucoup de spécialité avec une consultation a 24€
Le médecin gagne 5000e par mois mais il bossent 70h par semaine (et a un bac +12), il a bosser comme un chien pendant ces études, a été payer une misère en tant qu'interne pour être esclave de l'hôpital bref tout ca pour dire que l'on ne fait pas médecin pour l'argent, que je crois profondément que tout médecin si il reçoit un patient qui n'a pas de quoi payer et bien il ne lui fait pas payer sa consultation, nous avons tous une conscience, et la santé est bien au de là d'un simple service ou bien de consommation. Nous ne demandons pas une augmentation de salaire. Mais une reconnaissance de notre parcours et de notre travail et surtout une prise en compte des mutations de la société , et je prône un changement de cette enseignement hospitalo-universitaire archaïque avec une réelle réflexion sur l'avenir de notre formation et oui a terme je rêve d'un secteur unique accessible a tous et permettant une médecine de qualité.
Les déserts médicaux ne sont pas du a ces futurs médecins complétement perchés qui ne veulent pas s'installer a la campagne mais bien a un robinet que l'on a fermé a l'entrée des études de médecines dans les année 80 , en plus du vieillissement de la populations et des campagnes en faillite pas seulement sur le plan médical.
Mais je m'égare je suis déjà en train de préparer un sujet la dessus, beaucoup plus clair et explicatif;
Ce soir je voulais juste faire sortir autrement que par des larmes ,cette frustration ce sentiment de nullité absolue, d'échec qui ressort après le savon en règle que je me suis pris ce matin par la chef.
Nous sommes tellement dépendant d'eux.Ce compagnonnage a ses bons et mauvais côtés, je sais que je le prends trop a coeur, mais je ne peux pas ne pas le prendre autrement passer au dessus , parce qu'au fond elle a aussi raison. Mais en aucun cas elle ne se remet en question sur la manière dont elle nous passe le Savoir.
Et tout Ca a bien trop d'impact sur nous et sur tout le reste.
Je pars un peu dans tous les sens ce soir. Par ce qu'après ce sentiment d' inutilité , je me sens frustrée de pas avoir réussi , de pas comprendre ou elle a voulait que j'en vienne et ce qu'il fallait faire. Et qu'elle n'a pas voulu écouter ce que j'avais a dire non plus, parce que seulement le résultat l'intéressait sans le cheminant. Que le "je ne sais pas " était a proscrire. Elle était déjà de mauvaise humeur parce que la visite sur table a durée plus de 2h lui bouffant son planning a cause de nous , les externes et nos questions et nos manques de pragmatismes, nos pertes de mémoire, nos connaissances encore branlantes, notre manque de recul sur les situations, sur ce qu'il faut chercher vraiment. Que oui on est motivé donc parfois on pose "trop" de questions, même si on ne sait pas;
Elle m'a envoyé voir un patient pour le quel , nous n'avions que son nom et qu'un moitié de motif d'hospitalisation Tentative de suicide. Il était hospitalisé en réa sous surveillance et sans plus aucune indication pour y rester, devant venir chez nous. ( je déteste la réa , je n'y suis jamais passé pour le moment, et je compte bien si possible ne pas y mettre les pieds, les gens avec des tubes je trouve ca pire que quelqu'un en train de mourir )
J'arrive comme une fleur , je demande ou est le patient on m'indique avec peu d'amabilité qu'il est dans telle chambre et puis chacun repart vaquer a ces occupations , je cherche le dossier impossible de le trouver, il n'y avait que les maigres informations des transmission du dossiers infirmier a se mettre sous la main.
Je note, je prends ce que je peux et puis je me dis que je verrais avec le patient pour le reste.
Sauf que le monsieur est encore confus impossible de l'amener a une quelconque réponse, autre oui ou je ne sais pas, je ne me souviens pas, ou je répond a coté de la plaque pendant mon interrogatoire , je finis donc par faire mon examen clinique avec des questions aux quelles il me répond invariablement oui , comme pour se débarrasser au plus vite de moi, pas qu'il soit idiot enfin je ne pense pas.
Je fais ce que je peux avec ce que j'ai , j'essaye d'attirer l'attention de trouver ce foutu dossier, qui reste mystère et boule de gomme.
A ce moment la je sais déjà que je vais me faire tuer, parce que je n'ai pas grand chose et je ne sais rien, je ne sais même pas ce qu'il fallait que je cherche. Mais j'ai fais comme j'ai pu. Je n'ai pas du tout envie de m'éterniser dans ce service.
Alors il aurait peut etre fallut que je pousse la porte de la secrétaire médicale, ou que je dérange la visite pour demander le dossier et je l'ai pas fais. J'ai demandé au début on m'a dit tout est là. Pas de petite transmission, de il va bien ou mal ou quelque chose non rien. "Il est en chambre tant le dossier est a coté."
Je suis retournée dans mes pénates et je me suis fait engueuler parce que la seule chose que j'avais a faire c'était de savoir si ce type était une casserole ou pas et je reviens bredouille , ( le terme casserole n'est pas le mien) , sauf que je ne lis pas encore dans la tête de chef, que oui il aurait peut etre fallut que je comprenne toute seule ce que je devais faire mais c'était pas le cas.
Que peut être sans forcement nous donner la solution , elle nous explique au moins ce que l'on doit chercher.
Elle m'aurait dit en y allant de pas me prendre la tête avec l'examen clinique mais de rechercher si il avait de la famille, j'aurais compris,qu'elle voulait savoir si il allait rester longtemps dans son service sans être pathologique simplement parce qu'il a besoin d'une structure et qu'on ne peut pas l'avoir avant X temps, et qu'il n'a aucun entourage mais j'ai pas eu son putain de raisonnement, parce que je ne savais pas, j'étais un peu toute seule avec ma merde. C'est la première fois que je fais ce genre de chose, (aller voir le patient avant qu'il arrive dans le service et qui en plus est non interrogeable) qu'il m'a semblé normal de faire ce que je sais faire a peu près pour me raccrocher aux branches, que pour le moment , je n'ai qu'une vision limitée et floue de trop près , de ce que je dois faire et non comme elle la vision globale et lointaine que lui donne autant ses connaissances que son expérience et ses relations.
Sauf que tout ca ,elle n'a pas voulu le savoir , il lui fallait son résultat pas le pourquoi du comment. C'est une très bonne médecin mais parfois on en prend plein les dents, parce qu'on est la goutte de trop , au mauvais endroit au mauvais moment. Que je pense qu'il est tellement facile d'abuser de nous aussi, y'a pas plus faible qu'un externe. Effectivement j'ai passé du coup une sale journée que j'ai beau en avoir parlé avec mes amis, que l'interne m'a répété avant que je parte que c'était tombé un peu plus sur moi que sur les autres parce qu'elle était déjà passablement énervée, qu'il faut pas le prendre pour moi , mais ca m'a pas empeché de sortir avec les larmes au yeux , en me disant que je pleurais pas pour ca pas a cause d'un chef dans les escaliers et pourtant elles sont quand même sorties. Meme si ca me servira aussi que je suis en train de le transformer en frustration puis en truc a ne plus en re faire, en motivation.
Je me suis sentie et je me sens encore tellement con ce soir, que j'ai eu du mal a bosser aujourd'hui a penser a autre chose. Que du coup j'ai joué a l'égoïste ce soir, rien a foutre des autres démerdez vous dans le métro vous connaissez pas votre chemin, votre sac est ouvert, vous faite tomber un truc, ce soir c'était pas moi qu'il fallait venir voir.
Un ami a raison quand il nous dit que finalement notre état d'esprit change tellement d'un jour a l'autre, de la motivation pure, au dégout ,prsque de la déprime .Le jour ou tu réussi a avoir une examen pour madame bidule, ou bien que tu sers a quelque chose vraiment, que tu as l'impression d'avancé, que tes chefs t'en donne ce ressenti et puis le lendemain tu te fais traiter de bras cassé, d'inutile bref tu fais perdre ton temps a tout le monde.
Je ne sais pas si on retrouve ca dans les autres études, dans les autres formations, parce que la médecine, est faite de relation humaine tout autant dan son sujet même, en plus des relations hiérarchique de travail. On a toujours des transferts et contre transfert avec nos patients, avec nos chefs , nos internes. Que moi tout passe parfois trop , que je peux être tout aussi contente de décrocher un sourire a madame truc, que de comprendre ca pathologie, ou de réussir a avoir un examen, un compte rendu en harcelant une secrétaire en appelant plus de 20 fois pour avoir quelqu'un qui décroche au bout du fil parce que c'est le sésame pour être sur, et puis je peux sentir complétement perdu face d'autre chose, que plus je suis stressée, plus j'essaye de faire les choses bien et plus je les fais mal , j'oublie, je fais une étourderie. Que les gens sont malades et meurent aussi, qu'on a beau mettre toutes les couches que l'on veut pour se protéger tout au fond, on prend tout de même quelque chose avec nous, qu'on reste pas insensible quand on attend Madame machin crier pendant 2h qu'on arrive pas la calmer, qu'il faut 2h pour se décider a après mainte échec de faire le Loxapac, que pour ca on va lui mettre les contentions ect. On a beau porté une blouse, et faire ce qu'on peut , on ne passe pas au travers, en tout cas pas moi.
Et tout ca en plus des connaissances, ca s'apprend tout autant, ca se mature, ca s'affine avec les années , même si on ne nous l'enseigne pas que c'est une espèce de tabou dans notre formation.
C'est tout aussi difficile a gérer, que les cours, le stress du concours, cette impression permanente de course toujours plus vite, et ces millions de choses a savoir et qu'on ne retient pas. Et prendre le temps de voir des amis, de la famille, aller faire une expo , un concert , boire un thé , un verre, faire la fête.
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