En réalité au début j'avais pas l'intention d'écrire sur cette bizarrerie mais bien plus de mettre des mots, sur l'impression d'avoir passé un cap dirons nous, juste là en ce moment, plutôt de le faire devenir aussi réel pour moi que pour les autres.
C'est aussi parce que la rentrée approche a grands pas, et que je rentre en 6eme si on veut de la médecine , c'est a dire que je suis encore mini pouce mais quand même la, je fais vraiment parti des grands, je sais lire et plus ou moins comprendre le parler médicale, parce que je continue d'apprendre a lire les gens, maintenant que j'ai les fondamentaux, je vais me lancer a proprement parler dans l'apprentissage de la médecine et des pathologies.
Bref je rentre en Dcem2 ,je suis externe sous couvert de résultats des rattrapages (mais en m'avancant un peu je pense que ca passe), cette année je vais faire mes premières gardes, cette année je commence a préparer mon concours, tout ce que j'apprends ne doit pas s'oublier mais se préserver, parce que j'apprends ce qui va me servir de base de tous les jours dans mon futur métier. Un petit coup de flippe et une grande envie de se lancer a nouveau dans la course.
C'est toujours quand je bosse l'été , que je me dis que je suis contente de faire de longues études, même si dans une autre vie j'aurais adoré être maitre d'arme d'épée ou prof de sport, ou encore garde forestière, ou bien tenir une espèce de librairie salon thé, maintenant je sais que je me suis pas trompée, les doutes s'amenuisent et la certitude de pouvoir le faire être un jour un médecin pas trop mauvais est là.
Puis au delà de tout ca, je peux plus me considérer comme une adulescence mais bien comme une jeune adulte.
Les discussions avec les copains évoluent , on refait le monde comme toujours mais plus sérieuse les questions, de "bébé" apparaissent surtout quand un tel qui a 23 ans vient d'être père, ou que bidule se fiance. Ca fait plus peur comme quand on est tout petit et qu'on croit que jamais ca nous arrivera. On avance ni plus ni moins.
Je sais que certaines choses sont intemporelles, passer une journée avec celui que je connais depuis 14ans et bien on fait sensiblement les mêmes choses , on partage : nos histoires de vies, nos passions, de la musique, on va se balader, parce qu'ensemble on a du mal a parler et rester sans rien a faire alors on fait un tour chez nous ( oué genre mini pèlerinage de nos meilleurs endroits d'enfants, le vieux terrain basket caché avec la table de ping pong, qu'est ce qu'on a pu y passer du temps la bas c'était le top ! ) et on continue de jouer aux jeux vidéos !
J'ai discuté aussi avec beaucoup de ces adultes qui m'ont vu grandir, cet été je sais que la sensation d'être la famille est la même de leur part, la mère de l'amie d'enfance que je considère comme ma marâtre (je ne sais même plus pourquoi ca remonte a longtemps mais c'est affectif ) , on a parlé beaucoup et de son mari aussi , j'aurai aimé qu'il soit avec nous autrement que dans nos souvenirs, qu'il soit fière de nous tous ensemble , qu'il soit là avec son humour et ses mains baladeuses sous la robe de sa femme.
J'ai revu aussi un ami des parents avec qui on a beaucoup parlé, un peu de tout de la médecine, de l'amour, on était soul mais c'était très touchant, il m'a fait dansé , il était la content qu'on puisse avoir ce genre de discussion et de ce qu'on était devenu, et moi aussi j'étais un peu fière meme si il m'a dit de pas m'inquiéter que lui il avait bien attendu ces 35 ans révolus pour la trouver sa femme, mais bordel c'est long quand même, pas que j'ai pas rencontré de chouette fille mais ca fait pas "tilt"...
J'ai aussi rencontré, la fameuse amie médecin retrouvée de ma mère, elles travaillent dans le même hosto avant, et puis elle se sont perdues de vue et par hasard elles se sont croisées, elle habite le même village que mes parents , elle a muté aussi le monde est petit !
On a pas trop eu le temps de vraiment papoter, mais c'était chouette ,et j'aimerais bien qu'on se revoit pour parler médecine (comme un genre de tuteur) et puis pourquoi pas travailler avec elle plus tard, faire un stage dans son service se serait très instructif j'en suis sur. Puis au delà de ca,nous avons les mêmes gouts.
Le plus perturbant c'est que pendant que moi je me dis encore que je grandis, et certains vieillissent , ca fait peur même si joli papa est loin de les faire, il a 55 ans, du coup on se retrouve obligé d'être gais tous les deux pour pouvoir se dire qu'on s'aime et que je veux qu'il vive encore le plus longtemps possible et de lui faire la promesse de pas le laisser être un monsieur poisson si un jour ca devait arriver (je sais pas si j'arriverais a tenir cette promesse mais j'essayerai).
Et d'un autre côté quand je vois mon père, j'ai un comportement d'adolescente en pleine rébellion qui fait tout pour ne rien montrer, et qui essaie sans arrêt de le rabaisser... sauf que parfois ca marche par ce que j'ai un peu plus de bagage qu'une ado de 15 ans. Je sais qu'il faut que la prochaine fois , je lui parle mais je ne sais pas comment faire, parler avec mon père de son passé avec ma mère, c'est un peu le truc le plus tabou qui soit, (vous me direz mais ca te regarde pas, je suis bien d'accord, mais là de dans je suis née )et a un moment j'ai besoin de ne plus avoir peur d'avoir mal , et je sais pas trop pourquoi j'ai peur , peur de le faire rentrer dans ma vie,peur qu'il me fasse mal si je lui ouvre la porte de mon monde. Et il parait que le premier pas ne viendra pas de lui , c'est a moi d'aller vers lui pour crever l'abcès.
Bien sur on a pas les mêmes centres d'intérêt on ne vit pas dans le même monde forcement mais on pourrait peut être réussir a avoir des rapports autres que ceux de voisins, qui se force a se voir par devoir (enfin c'est pas voisin, rien n'oblige a voir le voisin)... Ca fait partis des moments qui vont être douloureux mais nécessaire si je veux qu'on arrive a avoir de vraies relations, pour ca faut que j'arrête d'être une froussarde, ( je suis déjà a la phase 1 l'exprimer par écrit ensuite je pourrais peut être lui dire )
un peu longuet le bilan pré rentrée quand même, bonne rentrée a tous !
Ps : en relisant je me rends compte que ce je dis est drôle, celui que je dois considérer comme ma famille je n'arrive pas avoir d'autre rapport que ce de "voisins " avec lui et il faut savoir que la famille de l'amie d'enfance, au tout début on était voisin! Donc on peut dire par contre que je considère mes très anciens voisins comme ma famille. C'est tellement ironique!
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